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Images Aléatoires

Un livre: Mistral!

Mardi 6 mai 2008
 

Les secondes commencent à s'égrainer lentement, a mesure que monte l'angoisse. Alex pense, ressasse l'interrogatoire… bien agacé par le changement entre tutoiement et vouvoiement de l'agent. On sent son habitude de tutoyer ses clients… Déjà 21h, et il n'a toujours pas prévenu sa mère qu'il ne viendrait pas ce soir… De toutes façons, mieux vaut lui épargner ça pour l'instant, ça n'aiderait pas de la savoir inquiète avec sa tension. Il essaye de s'evader un peu, de s'accrocher a quelque chose d'autre...en ce concentrant, il arrive même à se focaliser sur le tic tac de la grosse horloge; malgré le bruit ambiant. .

 Une heure éternelle plus tard, voici que l'agent réapparaît enfin; accompagné d'un autre.


- Monsieur Dugon, après vérification de nos fichiers, il s'avère que vos deux agresseurs sont des habitués de nos services. De plus, le scooter utilisé est de surcroît volé. Nous allons les garder quelques temps ici. Nous vérifierons demain la vidéo de la caméra de surveillance. Ceci etant fait, nous voudrions savoir si vous comptez porter plainte?
Porter plainte? Il s'attendait à tout sauf à ça. Lui qui se voyait déjà embourbé d'ennuis; qui se sentais maudit en ce jour, comme semble l'être Cyril. Déjà, les lourdes taches qui s'empilaient sur son casier judiciaire imaginaire disparaissent…

-"Euh, à vrai dire, je n'y ai vraiment pas pensé… Est-ce que je peux y réfléchir et revenir demain?"
- Il serait préférable de faire cela ce soir, mais oui, vous pouvez venir demain si vous voulez.
- Ecoutez, je crois que je n'ai pas envie de m'engager dans tout ça, je suis étudiants, j'ai pas d'argent pour payer un avocat … et la, j'ai juste envie de rentrer chez moi.


Une autre vérité, c'est qu'au fond, Alex sait qu'il risque gros, à porter plainte contre des gars comme ça… Toujours ce risque si élevé de vendetta… Il se voit déjà à raser les murs, se planquer… Heureusement que son alternance ne se passe pas à Marseille; ça l'éloignera un peu. De toute façons, porter plainte ou pas, il va devoir faire gaffe, et surtout, eviter de raconter l'histoire de ce soir.

-Monsieur Dugon, êtes vous motorisés?
- Et bien… Comme je vous ai dit tout à l'heure, j'ai ma voiture à Castellane…
- Dans ce cas, et au vu des circonstances de ce soir, je vais demander à une patrouille de vous déposer.
Alex soupire, une des boules d'angoisse vient de disparaitre...
- Merci beaucoup Monsieur… Excusez moi, j'ose vous demander mais… est ce que vous savez quand est ce que mon ami Cyril Fabre va sortir?
- Il est en cellule de dégrisement, il a été dangereux pour la circulation pour avoir grillé un feu rouge en plein centre ville. Son permis lui a déjà été retiré; alors on ne le laissera sortir que demain matin a 7h.
- Merci… Il n'a pas de parents dans la région… je viendrai le chercher demain.


A nouveau, Alexandre se retrouve à bord d'un véhicule de police qui le mène jà sa voiture.
Sa voiture, qui est toujours la… Il tremble, tremble depuis tout à l'heure en fait. L'adrénaline n'est toujours pas retombée, alors il marche vite, s'engouffre en courant d'air dedans, claque la porte et condamne ses serrures.
Long soupirs… Il en oublie presque de mettre sa ceinture. La route avance… Le flot de circulation surgit sur le Prado…
Trop de monde, de bruit, de lumières… Même les soirs de mistral, cette avenue reste toujours embouchée… Il opte pour un crochet par la mer, pour tenter de changer ses idées… Le long du rivage, les vagues viennent s'écraser sur les digues… dans sa tête, autant de rochers de pensées qui s'entassent… de compassion qui s'émousse, tandis que des flots de colère se répandent dans son cœur.

Au loin, les lumières de l'archipel du Frioul l'apaisent un peu… "Je ferais bien de rentrer… Et mince, je n'ai toujours pas appelé ma mère! Bon, il est trop tard maintenant…

Alex glisse jusqu'à chez lui… la musique dans sa voiture elle aussi lui etait insupportable.

Ce soir là, ildormit mal, la porte fermée à doubles tours. Les pensées tiraillées d'un coté par son cœur en rage, et de l'autre le refus! Ce refus intellectuel de se laisser glisser vers la facilité colérique… le racisme, la violence, et toutes ces relants nauséabonds et dangereux qu'il répugne.
."… Et ce pauvre Cyril qui n'a rien fait… ou si peu! Mais pourquoi est ce que ça tombe sur lui?…soupir... Et pourvu que les flics y aillent molo…
Une heure du matin, le sommeil le fuit toujours… Dans 6 heures, je dois être là bas… Faut vraiment que je dorme.


Insomniaque, il se lève, file droit vers le bar et se sert un grand verre de Whisky, puis retourne chercher le sommeil… Sommeil qu'il ne trouva que plus tard, et par intermittence.

Par jpou
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Jeudi 1 mai 2008

 

 
Troisième chapitre du livre, pour lire les deux premiers, regarder la catégorie "Un livre: Mistral!"

Alors voila, retour a la case prison, sans toucher 20.000 francs…

La vie regorge d'humour cynique quand elle s'y met… Lui qui n'avais jamais mis les pieds dans un commissariat, s'y retrouve deux fois en quelques heures.

 

Déposition… Etat civil: Nom, prénom, date et lieu de naissance… le type tape si lentement, n'utilisant que ses deux indexes. Le commissariat grouille encore d'activité à cette heure tardive! Bon, un peu moins qu'en pleine après midi, mais ça reste quand même surprenant. Et toutes ces radios qui crachent leur jargons inaudible…


Alex est toujours sous le choc de sa rencontre avec les deux motards… et tous ces évènements qui s'enchaînent à n'en plus finir… Dire qu'à la base, c'était juste l'occasion de boire un bière ou deux avec Cyril pour fêter l'entrer en BTS…

- Situation professionnelle? Demande la voix machinale.

- Euh, je suis étudiant et je vais démarrer un poste en alternance…

- D'accord, étudiant: E-T-U-D-I

Click, click, les touches s'enfoncent lentement, une à une… C'est pas possible, il ne leur donne pas de cours pour apprendre à taper dans leurs écoles de police?... Il sourit

- Quoi, ça te fais rire tout ça?

- Non, …excusez moi monsieur l'agent, j'étais dans mes pensées.

Mieux vaut garder profil bas avec ces gens la… comme disait le père de Nico, faire l'idiot pour pas payer la douane…

L'agent le toise de nouveau: "Bon, merci de décrire dans les détails les évènements tels qu'ils se sont passés"

Alex tremble de nouveau, sa voix a du mal a sortir, du mal à rester stable. Comme si elle aussi voulait partir loin de tout ça. Fuir cette réalité délirante, cette journée puante…

- Et bien, comme je vous l'ai dit, cet après midi, ces deux gars se sont mis à nous poursuivre

 

alors qu'on roulait tranquillement sur le vieux port. Ils ont commencé à mettre des coups de pieds sur la voiture en nous faisant signe de nous arrêter sur le coté. Mon pote, pardon, mon ami a eu peur, alors il a accéléré pour les semer. Il a pas fait gaffe, euh, je voulais dire, pas fait attention et du coup il a grillé un feu rouge; C'est la qu'il s'est fait arrêter par une voiture de police. Il lui ont fait souffler l'alcotest, et comme on avait bu trois bière, il s'est fait amener ici.

 

Alex souffle un coup… mince, est ce que j'en ai pas trop dit?, est ce que ça va pas se retourner contre Cyril?… et qu'est ce que je risque moi dans tout ça?…

- Attends, tu m'expliques le rapport avec la scène de tout à l'heure?

- Et bien, j'ai accompagné mon ami ici, puis on m'a dit de partir, c'était vers 18h. J'ai commencé à marcher parce que ma voiture est à Castelane et que y a encore grève des bus en ce moment. Quand je suis arrivé rue Saint Fé, ils me sont tombés dessus.


Alex regarde sa main qui tremble, et cet agent bourru qui semble ne même pas le croire et lui accorder si peu d'importance…

- Ils ont fait grogner leur scooter, et ils sont arrivés a fond sur moi avec leur cyclo. J'ai vu celui de derrière qui armait le coup avec le casque au poing. Je sais pas comment j'ai fait, mais j'ai réussi à attraper son bras et je l'ai fait tombé. L'autre a pas réussi a stabiliser son scooter et il est tombé quelques metres plus loins. Après, c'était vraiment les nerfs, si je leur laissait le temps de revenir, ils m'auraient massacrés.


- Oui bon ça… vous n'étiez pas non plus obligé d'user d'autant de violence. Bon, ça ira pour la déposition, on va écouter la version des deux autres. De toutes façons, il y a une caméra de surveillance dans cette rue, alors on aura bien vite des éclaircissements. En attendant, tu vas aller attendre sur le banc dans le couloir.

Par jpou
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Lundi 28 avril 2008

 Il sait!

 

 

  Il sait que sur le scooter se trouvent les deux tarés de cet après midi. Ces deux là qui n'ont pas arrêté de mettre des coups de pieds dans la voiture de Cyril. Il sait qu'ils veulent se venger, de quoi? Ca par contreil l'ignore. En tout cas, il sait qu'à cause d'eux Cyril s'est fait pincer par les flics en grillant un feu rouge.

 Ce qu'il sait surtout, c'est qu'à moins d'un miracle rapide, il va se faire massacrer!

Son coeur et ses pensées s'emballent, et s'emmêlent dans la course de dingue qu'ils se livrent: fuir, courir, rester, attendre, hurler, se battre, le phare, le cyclo, Cyril,! Au secours!boom, boom, boom, boom! Tout va tellement vite, et son estomac qui s'entortille et lui file la nausée!, chauds, froids, mistral! Ses sueurs lui glacent le dos!

Vraoum, le véhicule s'élance, droit sur lui! Les secondes se transforment en minutes, puis en heures! En un instant, Alex aperçoit le passager, casque au poing qui lève bien haut son bras. Le coup s'approche, Alex reste transit! Quand soudain, l'impact,!

Dans un réflexe défensif, il attrape le bras de l'attaquant et le tire à lui, en faisant un mouvement de côté.

Un des cavaliers est désarçonné! L'autre, le conducteur, tellement déséquilibré en perd le contrôle du véhicule. Zigzag à gauche, penche à droite pour redresser et va finalement s'encastrer dans une vitrine. Bam! le verre anti cambriolage se fissure de toute part.

Maintenant, tout s'inverse!

L'adrénaline a rongé Alex, il arrache le casque des mains de celui qu'il a mis à terre, et de rage commence à le ruer de coup. Coups de pied d'abord, puis se laissant complètement submerger par des flots de colère qui se répandent, coups de casque! 

Et encore un! Puis un autre! Et un autre encore…

   Des dents s'échappent, les deux gars à terre sont en sang, Alex n'arrive plus à s'arrêter. Dans sa tête, les pensées explosent à gros bouillon! Ces gars là m'auraient fait pareil, pire peut être s'ils m'avaient eu…

Brusquement, un couperet de lumières hurlantes envahit la scène:

   "Police, plus un geste!"

Alex lève les mains en l'air, le casque à la main, rempli de sang, giflé par le vent et le sort qui s'acharnent en rafales!

"C'est eux qui m'ont agressé"

Par jpou
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Lundi 28 avril 2008

A pied! Alors que sa voiture est à Castelanne et lui sur le haut de la Canebière... Dix huit heures trente déjà et les rues qui se vident à vue d'œil. En l'espace d'une semaine, Marseille est passée du débardeur au manteau de fourrure!

C'est toujours comme ça dans cette région, jamais de printemps ni d'automne, seulement l'été brûlant qui s'échange subitement avec l'hiver glacial. La météo, aussi caractérielle que la foule! De partout, on a coupé les climatiseurs et branché les chauffages. L'anticyclone des Açores a perdu le match face à celui de Sibérie et comme de coutume, ça se passe dans le froid et le mistral. 

Le mistral, ce vent qui rend fou et transperce les murailles de pulls et de vestes que l'on brandit frénétiquement devant lui depuis déjà trois jours.

 La ville vaincue se tait, laissant subsister le bruit froissé des papiers gras qui effectuent leurs danses folles et chaotiques, des canettes vides crachent leurs chants rocailleux. Le vent, lui, gagne en puissance et ses murmures de mise en garde deviennent de véritables hurlements.

  Ce soir, le mistral domine donc Marseille et ne laisse sortir que les obligés et les téméraires.

 Alex marche donc dans les rues froides, son blouson léger face au vent lui semble aussi efficace qu'une bouteille d'eau percée. Il ne sent plus ses orteils, ses mains ou son nez. La seule chose qu'il ressent encore c'est ce froid qui le gifle en rafale. Ses pensées s'agitent aussi frénétiquement que les prospectus publicitaires qui dansent tout autour de lui et disparaissent. Il ressasse sans cesse les événements de l'après-midi.

   Ce pauvre Cyril, j'espère qu'il ne va pas prendre trop lourd chez les flics! Et les deux tarés sur leurs scooters. Merde, c'est toujours les mêmes qui s'en sortent indemne à chaque fois ou toujours les mêmes qui trinquent peut être… Le flou a fait place à la peine, puis à la haine et maintenant au froid.

        Trop de Mistral sur la Canebière , Alex presse le pas et prend une perpendiculaire pour ne plus se trouver dans l'axe du vent. Rue saint Féréol, pas un piéton et pas un magasin d'ouvert le dimanche… Dans les vitrines, il aperçoit des mannequins chaudement vêtus, mais leurs gros manteaux de fourrure ne lui font même plus envie.

   Dans sa tête, Alex se repasse le film et essaye de remettre de l'ordre dans ses pensées imbibées d'alcool. Il avance droit dans cette longue allée, regarde autour de lui, cette rue est désespérément déserte. Il presse le pas, sournoisement il sent cette petite boule d'angoisse qui commence à germer en lui, il sait qu'en ce moment, ici, en plein coeur de Marseille, il n'est pas en sécurité.

 

 

   Petit à petit, toutes les histoires de meurtres, de racket et d'enlèvement que l'on raconte sur la ville commencent à prendre forme et finissent par s'enraciner au plus profond de ses pensées, de sa poitrine. Il sent, son coeur s'accélérer, une goutte froide lui parcoure l'échine et le glace encore plus. Le froid, il avait presque fini par l'oublier celui la.

   Déjà traversé la moitié de la rue!, le froid et la peur le poussent et l'oppressent: faire vite, marcher vite, surtout, ne pas adresser la parole s'il croise quelqu'un, ne pas répondre si on lui parle, faire juste comme si le vent avait emporté les paroles et continuer sa route. Vite, toujours plus vite, Alex se retrouve bientôt en train de courir tellement il lui tarde de se retrouver protégé du vent et du froid par la coquille d'acier de sa voiture.

   Ca y est, le bout de la rue approche, encore une centaine de mètre et tout ceci ne sera pour lui qu'une mauvaise journée qu'il rangera vite dans le coin des oublis de sa mémoire. Encore une cinquantaine de mètre, la peur s'est déjà volatilisée, il commence déjà à entendre le doux chant de sa voiture ainsi que le ronronnement régulier du chauffage. Trente mètres, Alex s'arrête net, la, à l'entrée de la rue, un cyclo grogne de rage et l'aveugle de son phare.

Par jpou
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